Epicurus Citations sur le mal
Quand nous disons que le plaisir est la fin, nous ne voulons pas dire le plaisir du débauché, ni ce qui dépend de la jouissance physique — comme le pensent certains qui ne comprennent pas nos enseignements, qui ne sont pas d’accord avec eux ou leur donnent une interprétation mauvaise — mais par plaisir, nous entendons l’état où le corps est libre de la douleur et l’esprit libre de l’anxiété.
Aucun plaisir n’est mauvais en soi ; mais les moyens par lesquels certains plaisirs sont obtenus apportent des douleurs bien plus grandes que les plaisirs.
Il n’y a rien à craindre des dieux ; il n’y a rien à ressentir dans la mort. Le bien peut être atteint, le mal peut être enduré.
L’injustice n’est pas le mal en soi, mais seulement dans la crainte et l’appréhension de ne pas échapper à ceux qu’on a établis pour punir l’offense.
Ou bien Dieu veut abolir le mal et ne le peut pas ; ou bien il peut et ne le veut pas. S’il le veut mais ne le peut pas, il est impuissant. S’il peut mais ne le veut pas, il est mauvais. Si, comme on le dit, Dieu peut abolir le mal, et que Dieu le veut vraiment, pourquoi le mal existe-t-il dans le monde ?
Les dieux peuvent soit ôter le mal du monde et ne le veulent pas, soit, voulant le faire, ne le peuvent pas ; soit encore ils ne peuvent ni ne veulent ; enfin, ils peuvent et veulent. S’ils ont la volonté d’ôter le mal et ne le peuvent pas, alors ils ne sont pas tout-puissants. S’ils peuvent mais ne veulent pas, alors ils ne sont pas bienveillants. S’ils ne peuvent ni ne veulent, alors ils ne sont ni tout-puissants ni bienveillants. Enfin, s’ils peuvent et veulent détruire le mal, comment celui-ci existe-t-il ?
Habitue-toi à croire que la mort n’est rien pour nous : car le bien et le mal impliquent la conscience, et la mort est la privation de toute conscience. Ainsi, une juste compréhension de la mort comme rien pour nous rend la mortalité de la vie agréable : non pas en ajoutant à la vie un temps illimité, mais en retirant l’aspiration à l’immortalité. La vie n’a pas de terreur ; pour ceux qui comprennent pleinement qu’il n’y a pour eux aucune terreur à cesser de vivre.
La nécessité est un mal ; mais il n’y a aucune nécessité de continuer à vivre sous l’emprise de la nécessité.
Si les dieux ont la volonté d’ôter le mal et qu’ils ne le peuvent pas, alors ils ne sont pas tout-puissants. S’ils ne peuvent pas et ne veulent pas, ils ne sont ni tout-puissants ni bienveillants. S’ils peuvent et veulent détruire le mal, pourquoi existe-t-il ?
Dieu veut-il empêcher le mal, mais n’en est-il pas capable ? Alors Il n’est pas tout-puissant. En est-Il capable, mais ne le veut-Il pas ? Alors Il est malveillant. Est-Il capable et veut-Il ? Alors d’où vient le mal ? N’est-Il ni capable ni disposé ? Alors pourquoi l’appeler Dieu ?
