Le « je » rejette l’illusion du « je » et pourtant demeure « je ». Voilà le paradoxe de la réalisation du Soi. Les réalisés n’y voient aucun paradoxe. Prenez le cas du dévot : il s’approche de Dieu et prie pour être absorbé en Lui. Puis il se livre dans la foi et par la concentration. Et qu’est-ce qui reste ensuite ? À la place du « je » originel, l’abandon de soi laisse un résidu de Dieu, dans lequel le « je » se perd. C’est la forme la plus haute de dévotion ou d’abandon, et le sommet du détachement.
Nous ne voyons que le script et non le papier sur lequel le script est écrit. Le papier est là, que le script y soit ou non. À ceux qui considèrent le script comme réel, il faut dire que ce n’est pas réel — une illusion — puisqu’il repose sur le papier. La personne sage voit le papier et le script comme un seul.
Qu’est-ce que l’illusion ? M. : À qui appartient l’illusion ? Découvrez-le. Alors l’illusion disparaîtra. En général, les gens veulent savoir ce qu’est l’illusion, mais ne l’examinent pas : à qui elle appartient. C’est une folie. L’illusion est dehors et inconnue. Mais le chercheur est considéré comme connu : il est à l’intérieur. Découvrez ce qui est immédiat et intime, au lieu d’essayer de découvrir ce qui est lointain et inconnu.