Ton vrai Soi est le silence de l’univers… Ce vrai Soi est la réalité ultime. Il n’existe aucun univers physique, subtil, ni même causal en dehors de toi.
Je ne suis pas un amas de chair et de pensée. Je suis la conscience à laquelle apparaît tout cet univers… Maintenant, la question subtile est : quels sont ces objets qui nous apparaissent ? Sont-ils distincts, extérieurs à la conscience, ou d’une certaine manière intérieurs à la conscience ?… Le monde et le corps sont tous deux vécus dans la pensée, et les pensées sont vécues dans la conscience. En poursuivant cette ligne de pensée, on commence à voir non seulement la conscience, mais aussi tout ce dont la conscience a connaissance — tout l’univers extérieur, tout l’univers intérieur des pensées et des émotions — et tout cela n’est pas non plus distinct de la conscience. Il est vrai que la conscience est distincte de tout ce qu’elle expérimente et illumine, mais ce qu’elle expérimente et illumine n’est pas réellement distinct de la conscience, car dire qu’il existe quelque chose en dehors de la conscience n’est qu’une abstraction.
La conscience seule est la réalité, et ce que nous appelons non-conscient—la matière, le temps, l’espace, les corps, ce monde—ce sont des apparences dans la conscience, non séparées de la conscience. Comme dans un rêve, quand tu t’endors et que tu rêves : toutes les choses que tu vois dans le rêve n’ont aucune existence en dehors de ton propre esprit. De la même manière, tout cet univers que nous expérimentons n’a pas d’existence en dehors de la conscience… Dans le rêve, il n’existe aucune réponse raisonnable et logique à un rêve.
À ce point de vue, l’univers n’est ni produit ni détruit. Il n’est rien d’autre que toi. Il apparaît en toi, il brille en toi, puis il disparaît en toi.
Le commentaire de Shankara sur le Brahma Sutra est la base de l’Advaita Vedanta, le Vedanta non-duel… « Non-duel » signifie : en dehors de vous — ce Soi réel — il n’y a aucune autre chose. Vous êtes la seule réalité qui existe. En dehors de vous, il n’y a pas de seconde chose. S’il n’y a pas deux, alors une conséquence très intéressante est que tout ce que nous voyons autour de vous doit, d’une certaine manière, être vous — et non pas séparé de vous… La conscience est non-duelle : cela signifie qu’il n’y a pas de seconde chose en dehors de la conscience… En vous, la conscience : tout l’univers est une apparence — pas une seconde chose en dehors de vous ; c’est pourquoi vous êtes cette conscience non-duelle… L’Unité au cœur, exprimée comme le multiple — alors ce que nous devons pratiquer, c’est l’harmonie du multiple.
Cet univers que tu expérimentes, tu l’expérimentes dans ta conscience. Dans ta conscience, aucun univers ne naît : il apparaît. Aucun univers n’est produit. Aucun univers n’évolue réellement. Il apparaît, il est expérimenté, puis il disparaît.
L’Advaita dit que tout l’univers est un objet, connu et inconnu, apparaissant dans la conscience — sans être distinct de la conscience, sans constituer une seconde entité dénombrable à côté de la conscience. Ce n’est pas réellement une seconde réalité séparée de la conscience, comme les vagues ne sont pas une seconde entité dénombrable séparée de l’eau… Tout l’univers, connu et inconnu, n’est rien d’autre que la conscience qui se manifeste à elle-même comme ses propres objets ; et donc il n’y a pas deux choses : non-dualité.
Il n’y a pas d’origine à cet univers — pas de cessation, pas de création, ni de destruction de cet univers. Personne n’est enchaîné. Personne n’est un chercheur spirituel qui pratique des pratiques spirituelles. Personne ne cherche la libération, et en vérité personne n’est libéré. Voilà la vérité ultime.
Qu’est-ce que le Vedanta ? Swami Vivekananda dirait deux choses : la divinité en nous, et l’unité de l’existence… Vivekananda a utilisé l’Advaita Vedanta comme fondement de la morale. Ce qu’il disait, c’est que, puisque tout est une seule réalité, si je blesse quelqu’un, si je trompe quelqu’un, si je mens à quelqu’un, je me blesse moi-même dans le sens le plus profond… Il a aussi dit que celui qui fuit le monde pour méditer et mourir dans une grotte himalayenne, en cherchant Dieu, a manqué la voie. Celui qui se précipite dans les vanités du monde — lui aussi a manqué la voie. Alors, quelle est la voie ? La voie consiste à spiritualiser ta vie quotidienne… Nous devons nous reconnaître comme conscience pure — Turiya — et chacun et tout comme n’étant rien d’autre que le même Turiya, et vivre la vie dans la paix, la plénitude et la joie. Réalise la divinité en toi et l’unité spirituelle de tout l’univers. Manifestes cette divinité dans la vie de tous les jours par la paix, l’amour et le service à tous les êtres. Voilà la spiritualisation de la vie quotidienne.
Le Vedanta est une vaste, vaste littérature. C’est une tradition ancienne, remontant à 5000 ans, jusqu’aux Upanishads. Et pourtant, tu peux décrire l’Advaita Vedanta en une seule phrase : Tat Tvam Asi (That Thou Art) — « Cela, c’est Toi »… « Cela » signifie ce qui est adoré comme Dieu, la réalité derrière cet univers. « Toi » signifie l’individu. Toi et Cela, c’est la même chose… Nous examinons ces deux polarités… L’analyse de « qui suis-je ? » ou « qu’est-ce que je suis ? », et l’analyse de « qu’est-ce que Dieu ? ». Puis tu arrives à une synthèse : voir que la réalité au-delà de Dieu et au-delà de l’individu.