Percevoir la forme révèle le vide, et voir que le vide révèle la forme : voilà le secret pour vaincre la mort. Dans la mesure où l’on ne connaît pas l’espace, on ne connaît pas sa propre éternité — c’est la même chose !
Pour l’accomplissement parfait de tout art, il faut faire entrer en soi le sentiment de l’instant éternel — car c’est le secret du bon moment. Pas de précipitation. Pas d’attardement. Simplement la sensation de suivre le cours des événements, comme on danse avec la musique : ni chercher à la dépasser, ni rester en arrière. Se hâter et retarder sont deux manières de vouloir résister au présent.
Voici le vrai secret de la vie : être totalement engagé dans ce que tu fais, ici et maintenant. Et au lieu d’appeler cela du travail, réalise que c’est un jeu.
Prends une grande respiration et confie-nous ton secret le plus profond et le plus sombre, afin que nous puissions essuyer notre front et savoir que nous ne sommes pas seuls.
Rien n’est plus créatif que la mort, car elle contient tout le secret de la vie. Cela signifie que le passé doit être abandonné, que l’inconnu ne peut être évité, que « je » ne peut pas continuer, et que rien ne peut être fixé définitivement. Quand un homme connaît cela, il vit pour la première fois de sa vie. En retenant son souffle, il le perd. En lâchant prise, il le trouve.
Le secret du plaisir, c’est de savoir quand s’arrêter. L’homme n’apprend pas facilement ce secret ; mais fuir totalement le plaisir, c’est une lâche évitement d’un travail difficile. Car nous devons apprendre l’art de jouir des choses PARCE qu’elles sont impermanentes.