Est-il vrai que l’existence consiste seulement dans l’action de l’énergie ? Ou bien n’est-ce pas plutôt que l’énergie est une émanation de l’Existence ?
Triple sont ces naissances suprêmes de la force divine présente dans le monde : elles sont vraies, elles sont désirables ; il s’y déploie au grand jour au sein de l’Infini et brille, pur, lumineux et comblant… De ce qui, en l’homme mortel, est porteur de vérité, il y a un Dieu, établi en dedans comme une énergie qui œuvre dans nos puissances divines… Deviens élevé, ô Force, perce tous les voiles, manifeste-toi comme les choses de la Divinité.
Si l’Inde doit survivre, il faut la rendre de nouveau jeune. Il faut y déverser des torrents rapides et bouillonnants d’énergie ; son âme doit redevenir, comme aux anciens temps, faite de jaillissements vastes, puissants, calmes ou turbulents au gré du désir — un océan d’action ou de force.
Jouer avec des bibelots, voilà notre ambition : ne pas traiter les questions graves avec un esprit d’énergie sérieuse. Mais pendant que nous jouons avec des bibelots—avec nos Conseils législatifs, nos Examens simultanés, nos ingénieux stratagèmes pour séparer les fonctions judiciaires et exécutives—pendant que nous, dis-je, raffinons des bagatelles, les eaux du grand abîme sont remuées, et ce chaos bouillonnant de l’homme primitif sur lequel nos sociétés civilisées se superposent comme une mince croûte de convention, est étrangement et sinistrement agité.