Assurément, le souvenir d’un événement ne peut pas passer pour l’événement lui-même. Il en va de même pour l’anticipation. Il y a quelque chose d’exceptionnel, d’unique, dans l’événement présent, que ni le précédent ni le prochain ne possèdent. Il y a en lui une vivacité, une actualité ; il se détache comme s’il était illuminé. Il y a sur le réel le « sceau de la réalité », que le passé et le futur n’ont pas.
Je suis déjà mort. La mort physique ne changera rien pour moi. Je suis un être intemporel. Je suis libre du désir et de la peur, parce que je ne me souviens pas du passé et n’imagine pas l’avenir. Là où il n’y a ni noms ni formes, comment y aurait-il désir et peur ? Avec la désidération vient l’intemporalité. Je suis en sécurité, car ce qui n’est pas ne peut toucher ce qui est. Tu te sens en danger parce que tu imagines le danger. Bien sûr, ton corps, en tant que tel, est complexe et vulnérable et a besoin de protection. Mais pas toi. Quand tu réaliseras ton être inattaquable, tu seras en paix.
Ce n’est que ton identification à ton esprit qui te rend heureux ou malheureux. Révolte-toi contre l’esclavage que tu as envers ton esprit : vois tes chaînes comme créées par toi-même, et brise les liens de l’attachement et du dégoût. Garde en vue ton but de liberté, jusqu’à ce qu’il t’apparaisse que tu es déjà libre. La liberté n’est pas quelque chose dans un lointain futur à conquérir par des efforts douloureux : elle est, de toute éternité, à toi — à utiliser ! La libération n’est pas une acquisition, mais une question de courage : le courage de croire que tu es déjà libre, et d’agir en conséquence.
Rien de ce qui est perceptible n’est réel. Ton attachement est ta servitude. Tu ne peux pas contrôler l’avenir. Il n’existe pas de libre arbitre. La volonté est servitude. Tu t’identifies à tes désirs et tu deviens leur esclave.
Tu te préoccupe trop du passé et de l’avenir. Tout cela vient de ton désir de continuer, de te protéger contre l’extinction. Et puisque tu veux continuer, tu veux aussi que les autres te tiennent compagnie ; d’où ton souci de leur survie. Mais ce que tu appelles survie n’est rien d’autre que la survie d’un rêve.
Le passé et l’avenir ne sont que dans l’esprit — moi, je suis maintenant.
Je suis un être intemporel. Je suis libre du désir et de la peur, parce que je ne me souviens pas du passé et n’imagine pas l’avenir.
La perfection absolue est ici et maintenant, non dans un futur, ni proche ni lointain. Le secret est dans l’action — ici et maintenant. C’est ton comportement qui t’aveugle sur toi-même. Fais fi de tout ce que tu te crois être et agis comme si tu étais absolument parfait — quelle que soit ton idée de la perfection. Tout ce dont tu as besoin, c’est de courage.
La perfection absolue est ici et maintenant, pas dans un futur, proche ou lointain.