Le temps n’est qu’une ombre, un rêve ; déjà Dieu nous voit dans la gloire et se réjouit de notre béatitude éternelle. Comme cette pensée aide mon âme ! Je comprends alors pourquoi Il nous laisse souffrir.
Le silence fait du bien à l’âme.
Quand la charité est profondément enracinée dans l’âme, elle se manifeste extérieurement : il existe une manière si gracieuse de refuser ce que nous ne pouvons pas donner, que le refus plaît autant que le don.
Le plus grand honneur que Dieu puisse faire à une âme n’est pas de lui donner beaucoup, mais de lui demander beaucoup.
Je préfère la monotonie d’un sacrifice obscur à toutes les extases. Ramasser une épingle par amour peut convertir une âme.
Il a une grandeur surnaturelle qui dilate l’âme et l’unit à Dieu. Je dis un « Notre Père » ou un « Je vous salue Marie » quand je me sens si spirituellement stérile que je ne peux faire surgir aucune pensée qui vaille. Ces deux prières remplissent mon cœur d’extase et nourrissent et comblent mon âme.
Mon âme a éprouvé une paix si douce, si profonde, qu’il serait impossible de l’exprimer.
Un mot ou un sourire suffit souvent à redonner une vie nouvelle à une âme abattue.
L’amour ne se nourrit que de sacrifices ; et plus une âme refuse les satisfactions naturelles, plus sa tendresse devient forte et désintéressée.
Dans cette première « fusion » avec Jésus (la sainte communion), c’est encore ma Mère céleste qui m’a accompagnée à l’autel : car c’est elle-même qui a placé Jésus dans mon âme.
La prière est une aspiration du cœur : un regard simple dirigé vers le ciel ; un cri de gratitude et d’amour au milieu de l’épreuve comme au milieu de la joie. Enfin, c’est quelque chose de grand, de surnaturel : cela dilate mon âme et l’unit à Jésus.
Ce n’est pas pour demeurer dans un ciboire d’or qu’Il descend chaque jour du Ciel, mais pour trouver un autre Ciel : le Ciel de notre âme, où Il prend plaisir.
Il n’est pas loin : Il est là, tout près. Il nous regarde, et Il nous demande cette tristesse, cette agonie. Il en a besoin pour les âmes et pour notre âme… Hélas, cela Lui fait mal de nous donner à boire des douleurs ; mais Il sait que c’est le seul moyen de nous préparer à Le connaître comme Lui se connaît, et à devenir nous-mêmes de Dieu.
Tout est grâce ; tout est l’effet direct de l’amour de notre Père — difficultés, contradictions, humiliations, toutes les misères de l’âme, ses fardeaux, ses besoins — tout, parce que, par eux, elle apprend l’humilité, reconnaît sa faiblesse. Tout est grâce, car tout est don de Dieu. Quel que soit le caractère de la vie ou ses événements inattendus — pour le cœur qui aime, tout est bien.
Bien plus tard, quand j’ai compris ce qu’était la perfection, j’ai réalisé qu’on doit souffrir beaucoup pour devenir saint, chercher toujours ce qui est le meilleur, et s’oublier soi-même. J’ai compris qu’il existe de nombreuses formes de sainteté, et que chaque âme est libre de répondre aux approches de Notre Seigneur et de faire pour Lui peu ou beaucoup — autrement dit, de choisir parmi les sacrifices qu’Il exige.
Comme le soleil éclaire le cèdre et la plus petite fleur, ainsi le soleil divin illumine chaque âme.
Dieu retournerait le monde pour y trouver la souffrance, afin de la donner à une âme sur laquelle Il a posé Son regard divin, avec un amour ineffable.
Je suis convaincu qu’il faut dire à son directeur spirituel si l’on a un grand désir de la Communion : car Notre Seigneur ne vient pas du Ciel chaque jour pour demeurer dans un ciborium d’or. Il vient pour trouver un autre Ciel : le ciel de notre âme, où Il aime demeurer.
J’ai aussi compris que l’amour de Dieu se manifeste tout aussi bien dans l’âme la plus simple qui n’oppose aucune résistance à Sa grâce que dans l’âme la plus élevée.
Pourquoi nous défendre, puisque nous sommes incompris et jugés à tort ? Laissons cela de côté. Ne disons rien. C’est si doux de laisser les autres nous juger comme ils veulent. Ô bénie silence, qui donne tant de paix à l’âme !
L’hôte de notre âme connaît notre misère ; Il vient trouver une tente vide en nous—c’est tout ce qu’Il demande.