Mais lorsque tu t’engages pour la première fois sur le Chemin, ton awareness ne sera pas encore focalisée. Tu verras probablement toutes sortes de scènes étranges, comme des rêves. Mais tu ne dois pas douter : toutes ces scènes viennent de ton propre esprit, et de nulle part ailleurs.
Si vous voyez votre nature, vous n’avez pas besoin de lire des sutras ni d’invoquer des bouddhas. L’érudition et la connaissance ne sont pas seulement inutiles : elles voilent votre conscience. Les doctrines ne servent qu’à pointer vers l’esprit. Une fois que vous voyez votre esprit, pourquoi prêter attention aux doctrines ?
Mais cet esprit n’est pas quelque part en dehors du corps matériel des quatre éléments. Sans cet esprit, nous ne pouvons pas bouger. Le corps n’a pas de conscience. Comme une plante ou une pierre, le corps n’a pas de nature. Alors comment bouge-t-il ? C’est l’esprit qui bouge.
Ne penser à rien, c’est le zen. Quand tu le sais, marcher, se tenir debout, s’asseoir ou s’allonger : tout ce que tu fais est zen. Savoir que l’esprit est vide, c’est voir le Bouddha… Utiliser l’esprit pour la réalité, c’est une illusion. Ne pas utiliser l’esprit pour chercher la réalité, c’est la conscience. Se libérer des mots, c’est la libération.
La conscience des mortels est insuffisante. Tant qu’ils sont attachés aux apparences, ils ne voient pas que leur esprit est vide. Et en s’attachant par erreur à l’apparence des choses, ils perdent la Voie.
L’illusion signifie la mortalité. Et la conscience signifie la bouddhéité.
Pour passer de l’état mortel à l’état de Bouddha, il faut mettre fin au karma, nourrir votre conscience, et accepter ce que la vie apporte.
Un bouddha est quelqu’un qui trouve la liberté dans la bonne et la mauvaise fortune. Tel est son pouvoir que le karma ne peut le retenir. Quel que soit le karma, le bouddha le transforme. Le ciel et l’enfer ne signifient rien pour lui. Mais la conscience d’un mortel est faible, comparée à celle d’un bouddha, qui pénètre tout, de l’intérieur comme de l’extérieur.