Connaître le Soi comme la seule réalité et tout le reste comme temporel et passager : voilà la liberté, la paix et la joie. C’est très simple. Au lieu de voir les choses comme si elles étaient imaginées, apprenez à les voir telles qu’elles sont. Quand vous pouvez voir tout comme il est, vous verrez aussi vous-même tel que vous êtes. C’est comme nettoyer un miroir. Le même miroir qui vous montre le monde tel qu’il est vous montrera aussi votre propre visage. La pensée « Je suis » est le tissu à polir. Utilisez-le.
Je suis déjà mort. La mort physique ne changera rien pour moi. Je suis un être intemporel. Je suis libre du désir et de la peur, parce que je ne me souviens pas du passé et n’imagine pas l’avenir. Là où il n’y a ni noms ni formes, comment y aurait-il désir et peur ? Avec la désidération vient l’intemporalité. Je suis en sécurité, car ce qui n’est pas ne peut toucher ce qui est. Tu te sens en danger parce que tu imagines le danger. Bien sûr, ton corps, en tant que tel, est complexe et vulnérable et a besoin de protection. Mais pas toi. Quand tu réaliseras ton être inattaquable, tu seras en paix.
Apprends à regarder sans imagination, à écouter sans déformation : voilà tout. Cesse d’attribuer des noms et des formes à l’essentiellement sans nom et sans forme ; comprends que chaque mode de perception est subjectif. Ce qui est vu ou entendu, touché ou senti, éprouvé ou pensé, attendu ou imaginé—tout cela est dans l’esprit, non dans la réalité. Alors tu feras l’expérience de la paix et de la liberté vis-à-vis de la peur.
Arrête-toi, regarde, examine, pose les bonnes questions, tire les bonnes conclusions, et aie le courage d’agir en conséquence — puis vois ce qui se passe. Les premiers pas peuvent faire s’effondrer le toit au-dessus de ta tête, mais bientôt le tumulte se dissipera, et il y aura paix et joie.
Pour voir l’univers tel qu’il est, tu dois sortir du filet [la matrice]. Ce n’est pas difficile : le filet est plein de trous. Regarde le filet et ses nombreuses contradictions. À chaque pas, tu fais et tu défais. Tu veux la paix, l’amour et le bonheur, et pourtant tu t’acharnes à créer la douleur, la haine et la guerre. Tu veux la longévité et tu te surmènes. Tu veux l’amitié et tu exploites. Vois ton filet comme fait de telles contradictions, et retire-les : le simple fait de les voir les fera disparaître.
Ce qui a été atteint peut encore être perdu. Ce n’est que lorsque tu réalises la vraie paix — la paix que tu n’as jamais perdue — que cette paix restera avec toi, car elle n’a jamais été loin. Au lieu de chercher ce que tu n’as pas, découvre ce que tu n’as jamais perdu. Ce qui est là avant le commencement et après la fin de tout : en cela, il n’y a ni naissance ni mort. Cet état immuable, qui n’est affecté ni par la naissance ni par la mort du corps ou de l’esprit, tu dois le percevoir.
Tout le monde commet la même erreur : refuser les moyens, mais vouloir les fins. Vous voulez la paix et l’harmonie dans le monde, mais vous refusez de les avoir en vous.
Dans la paix et le silence, la peau du « Je » se dissout, et l’intérieur comme l’extérieur deviennent un.
J’ai simplement suivi (l’instruction de) mon enseignant : fixer l’esprit sur l’être pur « Je suis », et y demeurer. Je m’asseyais pendant des heures, avec dans l’esprit rien que le « Je suis », et bientôt la paix, la joie et un amour profond, enveloppant, devinrent mon état normal. En lui, tout disparut — moi-même, mon gourou, la vie que je menais, le monde autour de moi. Il ne resta que la paix et un silence insondable.
Détachez-vous de tout ce qui rend votre esprit agité. Renoncez à tout ce qui trouble sa paix. Si vous voulez la paix, méritez-la. En devenant l’esclave de vos désirs et de vos peurs, vous troublez la paix.
Tu commences par laisser les pensées s’écouler et les observer. Cette observation ralentit déjà l’esprit jusqu’à l’arrêter complètement. Une fois l’esprit calme, garde-le calme. Ne t’ennuie pas de la paix : sois-y, et plonge plus profondément encore.
Quoi que tu aies à faire, surveille ton esprit. Tu dois aussi avoir des moments de paix intérieure et de silence complets, lorsque ton esprit est absolument immobile. Si tu les manques, tu manques tout. Si tu ne les manques pas, le silence de l’esprit dissout et absorbe le reste.
Quand on éloigne l’esprit de ses préoccupations, il devient calme. Si tu ne déranges pas ce calme et que tu y demeures, tu découvriras qu’il est pénétré d’une lumière et d’un amour que tu n’as jamais connus ; et pourtant tu reconnais aussitôt que c’est ta propre nature. Une fois que tu as traversé cette expérience, tu ne seras plus jamais le même homme. L’esprit indiscipliné peut rompre sa paix et effacer sa vision ; mais il est obligé de revenir, pourvu que l’effort soit soutenu — jusqu’au jour où tous les liens sont rompus, où les illusions et les attachements prennent fin, et où la vie devient suprêmement concentrée dans le présent.
Pour aller au-delà de l’esprit, il faut se taire et se tenir dans le calme. Paix et silence, silence et paix — voilà la voie qui mène au-delà. Cesse de poser des questions.
Vivez votre vie sans faire de mal à qui que ce soit. L’innocuité est une forme de yoga très puissante, et elle vous conduira rapidement à votre but. C’est ce que j’appelle le nisarga yoga, le yoga naturel. C’est l’art de vivre dans la paix et l’harmonie, dans la bienveillance et l’amour. Son fruit est un bonheur sans cause et sans fin.
Tu peux devenir veilleur de nuit et vivre heureux. Ce qui compte, c’est ce que tu es au-dedans. Ta paix intérieure et ta joie, tu dois les gagner. C’est bien plus difficile que d’amasser de l’argent. Aucun université ne peut t’apprendre à être toi-même.
Si vous voulez la paix et l’harmonie dans le monde, vous devez avoir la paix et l’harmonie dans vos cœurs et vos esprits.