Tu imposes des limites à ta vraie nature d’être infini. Alors tu es mécontent d’être seulement une créature limitée. Puis tu commences des pratiques spirituelles pour transcender ces limites qui n’existent pas. Mais si ta pratique elle-même suppose l’existence de ces limites, comment pourraient-elles te permettre de les transcender ?
Un être réalisé envoie des ondes d’influence spirituelle dans son aura, qui attirent beaucoup de personnes vers lui. Pourtant il peut s’asseoir dans une grotte et garder un silence total.
La concentration n’est pas penser à une seule chose. Au contraire, c’est exclure toutes les pensées, car toutes les pensées font obstacle au sens de votre véritable être. Tous les efforts doivent simplement viser à retirer le voile de l’ignorance. Concentrer l’esprit uniquement sur le Soi mène au bonheur, à la béatitude. Ramener les pensées, les retenir et les empêcher de s’échapper vers l’extérieur s’appelle le détachement (vairagya). Les fixer dans le Soi, c’est la pratique spirituelle (sadhana). Se concentrer sur le cœur revient à se concentrer sur le Soi. Le cœur est un autre nom du Soi.
La tranquillité est le critère du progrès spirituel. Plonge l’esprit purifié dans le Cœur. Alors le travail est terminé.
Sache que l’éradication de l’identification au corps est une charité, une austérité spirituelle et un sacrifice rituel ; c’est la vertu, l’union divine et le dévouement ; c’est le ciel, la richesse, la paix et la vérité ; c’est la grâce ; c’est l’état de silence divin ; c’est la mort sans mort ; c’est le jnana, le renoncement, la libération finale et la félicité.
Il faut comprendre la volonté comme la force de l’esprit : elle le rend capable d’affronter le succès ou l’échec avec équanimité. Elle n’est pas synonyme de réussite certaine. Pourquoi les efforts de quelqu’un devraient-ils toujours être accompagnés de succès ? Le succès engendre l’arrogance et ainsi le progrès spirituel de l’homme est arrêté. L’échec, au contraire, est bénéfique : il ouvre les yeux sur ses limites et le prépare à se livrer. La remise de soi est synonyme de bonheur éternel.
Le degré de liberté par rapport aux pensées indésirables, et le degré de concentration sur une seule pensée, sont les mesures pour évaluer la progression spirituelle.