La doctrine de Bouddha : l’homme souffre à cause de son désir de posséder et de garder pour toujours des choses qui, en essence, sont impermanentes… cette frustration du désir de posséder est la cause immédiate de la souffrance.
Pour le dire encore plus clairement : le désir de sécurité et le sentiment d’insécurité sont la même chose. Retenir son souffle, c’est perdre son souffle. Une société fondée sur la quête de la sécurité n’est rien d’autre qu’un concours de rétention du souffle : chacun est aussi tendu qu’un tambour et aussi pourpre qu’un insecte.
Il est si important de considérer cette question : « Qu’est-ce que je désire ? »
Nous sommes en guerre entre la conscience et la nature, entre le désir de permanence et le fait du flux. C’est nous contre nous-mêmes.
Le matérialisme de la civilisation moderne est fondé, paradoxalement, sur une haine de la matérialité : un désir orienté vers un but, visant à effacer toutes les limites naturelles par la technologie, en imposant à la nature une grille abstraite.