Alan Watts Citations sur la musique
Le sens et le but de la danse, c’est la danse. Comme la musique, elle s’accomplit à chaque instant de son déroulement. On ne joue pas une sonate pour atteindre la dernière note ; et si le sens des choses résidait seulement dans leurs fins, les compositeurs n’écriraient que des finales.
Pour l’accomplissement parfait de tout art, il faut faire entrer en soi le sentiment de l’instant éternel — car c’est le secret du bon moment. Pas de précipitation. Pas d’attardement. Simplement la sensation de suivre le cours des événements, comme on danse avec la musique : ni chercher à la dépasser, ni rester en arrière. Se hâter et retarder sont deux manières de vouloir résister au présent.
Pense à un morceau de musique — une grande symphonie. Nous ne nous attendons pas à ce qu’il s’améliore à mesure qu’il se développe, ni à ce que son but soit d’atteindre le crescendo final. La joie se trouve dans l’écoute de la musique à chaque instant.
La vie est comme de la musique, pour elle-même. Nous vivons dans un maintenant éternel, et quand nous écoutons de la musique, nous n’écoutons pas le passé, nous n’écoutons pas le futur : nous écoutons un présent élargi.
Quand nous dansons, le voyage lui-même est l’essentiel ; de même, quand nous jouons de la musique, le fait de jouer est l’essentiel. Et la même chose est vraie en méditation : méditer, c’est découvrir que le point de la vie est toujours atteint dans l’instant immédiat.
Le son de la pluie n’a pas besoin de traduction. En musique, on ne fait pas de la fin de la composition le point de la composition… De même, dans la danse, on ne vise pas un endroit précis dans la pièce… Le but entier de la danse, c’est la danse.
Quand nous dansons, le voyage lui-même est l’essentiel ; de même, quand nous jouons de la musique, le fait de jouer est l’essentiel.
Il n’y a rien de mal à méditer simplement pour méditer, comme on écoute de la musique juste pour la musique. Si tu vas à des concerts pour “acquérir de la culture” ou pour améliorer ton esprit, tu t’y assiéras aussi sourd qu’un poteau.
Nous avons pensé la vie par analogie avec un voyage, un pèlerinage, qui avait un but sérieux à la fin : il s’agissait d’arriver à cette fin, au succès, ou à ce que ce soit — peut-être le paradis après la mort. Mais nous avons manqué le point tout au long du chemin. C’était quelque chose de musical : on devait chanter ou danser pendant que la musique se jouait.
Personne n’imagine qu’une symphonie doit s’améliorer au fur et à mesure, ni que le but entier du jeu est d’atteindre la finale. Le sens de la musique se découvre à chaque instant de jouer et d’écouter. Je pense que c’est pareil pour la plus grande partie de nos vies : si nous sommes trop absorbés à les améliorer, nous pouvons oublier totalement de les vivre.
Pour comprendre la musique, il faut l’écouter. Mais tant que vous pensez : « J’écoute cette musique »,
