Shunryu Suzuki Citations sur le monde
Ainsi, ce n’est pas une question de savoir s’il est possible d’atteindre la bouddhéité, ou de faire d’une tuile un joyau. Le plus important, c’est simplement de travailler, de vivre dans ce monde avec cette compréhension : c’est notre pratique. C’est le vrai zazen.
Si vous voulez lire une lettre du monde du Bouddha, il faut comprendre le monde du Bouddha.
Quand nous inspirons, l’air entre dans le monde intérieur. Quand nous expirons, l’air sort vers le monde extérieur. Le monde intérieur est illimité, et le monde extérieur l’est aussi. Nous disons « monde intérieur » ou « monde extérieur », mais en réalité : il n’y a qu’un seul monde entier.
Dans le Sutra du Lotus, Bouddha dit d’illuminer un coin — pas le monde entier. Il suffit de rendre clair où tu te trouves.
Dans le Zazen, dans la pratique de la méditation, nous n’essayons pas d’échapper au monde. Nous le faisons face directement. En le regardant en face, nous pouvons nous y immerger totalement.
Quand tu essaies d’atteindre quelque chose, ton esprit commence à vagabonder ailleurs. Quand tu n’essaies d’atteindre rien, tu as ton corps et ton esprit ici, maintenant. En bouddhisme, c’est une vue hérétique d’attendre quelque chose en dehors de ce monde. Nous ne cherchons rien en dehors de nous-mêmes.
Toutes les descriptions de la réalité sont des expressions limitées du monde du vide. Pourtant, nous nous attachons aux descriptions et pensons qu’elles sont la réalité. C’est une erreur.
Si vous n’étiez pas né dans ce monde, il n’y aurait pas besoin de mourir. Être né dans ce monde, c’est mourir, disparaître [en riant].
La méditation ouvre l’esprit au plus grand mystère qui se produit chaque jour et chaque heure ; elle élargit le cœur afin qu’il puisse sentir l’éternité du temps et l’infinité de l’espace à chaque battement ; elle nous donne une vie à l’intérieur du monde, comme si nous nous mouvions dans un paradis.
Nous-mêmes ne pouvons jeter aucun sortilège sur ce monde. Le monde a sa propre magie.
Bien que nous n’ayons pas de communications écrites réelles venant du monde du vide, nous en avons quelques indices, quelques suggestions sur ce qui s’y passe — et l’on pourrait dire que cela s’appelle l’éveil. Quand tu vois des fleurs de prunier ou que tu entends le son d’une petite pierre frappant le bambou, c’est une lettre du monde du vide.
Le monde est sa propre magie.
