La Providence divine est liée à l’influence intellectuelle divine ; et les mêmes êtres qui sont favorisés par cette influence, au point de devenir intellectuels et de comprendre ce qui est compréhensible pour des êtres rationnels, sont aussi sous le contrôle de la Providence divine, qui examine toutes leurs actions en vue de les récompenser ou de les punir… la méthode que notre esprit est incapable de comprendre.
De plus, il y a des choses dont l’esprit comprend une partie, mais demeure ignorant de l’autre ; et quand l’homme est capable de saisir certaines choses, il ne s’ensuit pas qu’il doive pouvoir tout comprendre.
Le fait que des lois aient été données à l’homme, à la fois positives et négatives, confirme le principe : la connaissance de Dieu des événements futurs ne change pas leur caractère. Le grand doute qui se présente à notre esprit vient de l’insuffisance de notre intellect.
Telle doit être notre croyance lorsque nous avons une connaissance juste de notre propre être et que nous comprenons la vraie nature de toutes choses : nous devons être satisfaits, et ne pas troubler notre esprit en cherchant une cause finale particulière pour des choses qui n’en ont pas, ou qui n’ont d’autre cause finale que leur propre existence — laquelle dépend de la Volonté de Dieu, ou, si tu préfères, de la Sagesse divine.
Si un homme peut découvrir une certaine chose par lui-même, un autre n’arrive jamais à la comprendre, même si on la lui enseigne au moyen de toutes les expressions et métaphores possibles, et pendant longtemps : son esprit ne peut en aucune façon la saisir ; sa capacité y est insuffisante.
Sache qu’il existe, pour l’esprit humain, certains objets de perception qui sont dans le champ de sa nature et de sa capacité ; en revanche, parmi les choses qui existent réellement, il existe certains objets que l’esprit ne peut en aucune façon saisir, ni d’aucune manière : les portes de la perception lui sont fermées.