Aidez les gens à méditer, car il n’y a rien de plus créatif que la méditation. Chaque art et chaque créativité peuvent être immensément renforcés par la méditation. Si quelqu’un est peintre et qu’il commence à méditer, sa peinture fera un bond soudain : elle deviendra profondément, immensément profonde — parce que tout ce que vous peignez reflète votre esprit. Si l’esprit s’enfonce davantage, votre peinture s’enfoncera davantage. Vous peignez votre esprit. Qu’autre chose pourriez-vous peindre ? Vous vous peignez vous-même.
Si ta créativité naît de ton silence, de ton Zen, de tes méditations, alors elle est authentique, originale. Si elle ne vient que comme une occupation parce que tu te sens perdu et qu’il n’y a rien à faire — de longues vacances — alors tu commences à faire quelque chose… Ce n’est pas une créativité issue de tes silences : c’est une créativité issue de ton esprit fou.
L’esprit parle sans cesse. Si le dialogue intérieur peut tomber ne serait-ce qu’un instant, tu pourras entrevoir le non-esprit. C’est de cela que parle la méditation. L’état de non-esprit est l’état juste. C’est ton état.
Rappelez-vous : l’intelligence ne fait pas partie de l’esprit. L’intellect, oui ; mais l’intelligence, non. Ainsi, l’intellectuel est plein d’esprit, mais dans la vie il se comporte très peu intelligemment. Il a une certaine compétence : il a été formé intellectuellement à faire une chose précise ; son esprit fonctionne comme un ordinateur. Mais la vie n’est pas unidimensionnelle : vous ne pouvez pas l’épuiser par une seule compétence ; elle est multidimensionnelle.
Si l’esprit veut comprendre la réalité, il devra sortir du passé et de l’avenir. Mais en sortant du passé et de l’avenir, ce n’est plus l’esprit. C’est pourquoi tous les grands maîtres du monde insistent : la porte de la réalité est sans esprit.
L’esprit ne fait que penser ; la méditation vit.
L’homme veut deux choses contradictoires ensemble : il veut la paix et il est ambitieux. C’est impossible. Si tu es ambitieux, ton esprit restera forcément agité. Si tu veux la paix, la première condition est de laisser tomber toute ambition. Tant que tu ne lâches pas l’ambition, tu ne peux pas être à l’aise, tu ne peux pas être en paix, tu ne peux pas te détendre.
Voici comment fonctionne l’esprit : tout son intérêt se porte sur ce que vous n’avez pas.
La méditation, c’est un esprit sans focalisation : tu écoutes simplement en silence, sans tension dans l’esprit, sans élan pour savoir et apprendre. Non : dans une détente totale, dans un lâcher-prise, dans une ouverture de ton être. Tu écoutes non pour savoir ; tu écoutes pour comprendre.
La créativité a deux possibilités. L’une est qu’elle naisse de votre silence, de votre amour, de votre compréhension, de votre clarté de vision, de votre familiarité intime avec l’existence : alors la créativité est saine. Mais si elle ne naît pas de la méditation, du silence et de la paix, de la compréhension et de l’amour, il y a un danger : elle peut naître d’un esprit confus. Elle peut naître de votre folie.
Pour être ici et maintenant, il faut méditer, au-delà de l’esprit.
Mon message, ma clé, ma clé d’or pour transformer tes énergies, c’est la créativité. Deviens de plus en plus créatif, et lentement, lentement, tu verras une transformation se produire d’elle-même. Ton esprit disparaîtra, ton corps aura une sensation totalement différente, et tu resteras constamment conscient que tu es séparé, que tu es un témoin pur.
La méditation est un état de non-esprit ! On ne peut pas trouver la méditation par l’esprit, car l’esprit se perpétuera lui-même ! On ne peut trouver la méditation qu’en mettant l’esprit de côté : en restant calme, indifférent, non identifié à l’esprit.
Sans lutte, simplement en tant que témoin, l’esprit disparaît.
Toute créativité est une profonde souffrance, à moins que ta créativité ne sorte pas de l’esprit, mais de la méditation. Quand elle sort de la méditation, la créativité est un partage de la joie, un partage de la félicité que tu as. L’esprit n’a pas de joie : il est vraiment une blessure, très douloureuse.
Si tu n’avais qu’à écouter, cela deviendrait méditation. Sans méditation, tu ne peux pas entendre. Quelle est la signification de la méditation ? La méditation n’existe que là où l’esprit n’est pas ; là où le dialogue intérieur a disparu.
Entre deux pensées, soyez vigilant ; regardez l’intervalle, l’espace entre les deux. Vous ne verrez aucun esprit : c’est votre nature. Les pensées vont et viennent — elles sont accidentelles — mais cet espace intérieur demeure toujours. Des nuages se rassemblent et s’en vont, disparaissent — ils sont accidentels — mais le ciel reste. Vous êtes le ciel.
Ton égo n’est qu’une idée implantée dans ton esprit. Il est poison. Ton égo te pousse toujours plus loin dans la folie.
Il faut se souvenir d’une seule qualité du Bouddha. Il ne consiste que dans une seule qualité : le fait de témoigner. Ce petit mot — témoigner — contient toute la spiritualité. Témoigne que tu n’es pas le corps. Témoigne que tu n’es pas l’esprit. Témoigne que tu n’es qu’un témoin. À mesure que le témoignage s’approfondit, tu commences à t’enivrer du divin. C’est ce qu’on appelle l’extase.
Que tu crées, ou que tu observes une œuvre objective de créativité, la méditation doit en être la clé. Sans elle, l’esprit ne peut que déployer sur la toile ses cauchemars. La plupart des peintures des grands peintres — comme Paul Gauguin ou Picasso — ressemblent presque à des vomissements. Ils ne pouvaient pas contenir leur agonie et leur souffrance : ils les ont jetées sur la toile pour s’en soulager. L’art objectif réel n’est pas un soulagement ; ce n’est pas une maladie dont tu veux te débarrasser. C’est une béatitude que tu veux partager. Et en partageant, elle grandit : tu en as davantage, plus elle est partagée.
Quand il n’y a pas d’esprit, vous êtes dans le yoga ; quand il y a de l’esprit, vous n’êtes pas dans le yoga. Ainsi, vous pouvez faire toutes les postures, mais si l’esprit continue de fonctionner, si vous continuez à penser, vous n’êtes pas dans le yoga. Le yoga, c’est l’état sans esprit. Si vous pouvez être sans esprit sans faire aucune posture, vous êtes devenu un yogi parfait. Cela est arrivé à beaucoup sans faire de postures, et cela n’est pas arrivé à beaucoup qui faisaient des postures pendant de nombreuses vies.
En prenant simplement conscience, les pensées commencent à disparaître. Il n’est pas besoin de lutter. Votre conscience suffit à les détruire. Et quand l’esprit est vide, le temple est prêt. Et dans le temple, le seul dieu qui vaille la peine d’y être placé, c’est le silence. Alors souvenez-vous de ces trois mots : détente, absence de pensée, silence. Et si ces trois mots ne sont plus de simples mots pour vous, mais deviennent des expériences, votre vie sera transformée.
Mes sannyasins doivent être des créateurs, non pas par l’esprit, mais par la méditation. Et cela vient de soi-même ; on n’a même pas besoin d’y penser. Je n’enseigne donc pas la créativité : j’enseigne seulement le silence. Et alors, de ce silence, une grande créativité surgit. On est surpris de découvrir combien on portait en soi, sans l’exprimer, et à quel point le potentiel était grand. Quand on le rencontre, on ne peut pas y croire !
Dans ce monde, le plus grand courage consiste à laisser de côté l’esprit. Le plus brave est celui qui peut voir le monde sans la barrière de l’esprit, tel qu’il est. C’est immensément différent, absolument beau. Il n’y a personne d’inférieur et personne de supérieur — il n’y a pas de distinctions.
La vraie musique t’aidera à aller vers la méditation, au-delà de ce dont l’esprit a besoin, vers les besoins spirituels. La vraie poésie te donnera un aperçu de l’esprit des sages — un aperçu, bien sûr. Elle ouvrira une fenêtre pour que tu voies les lointaines montagnes de l’Himalaya. Et alors naît en toi une impulsion, et tu commences à voyager.